Éditer Jacques Ferron (description détaillée)
Groupe de recherche | Site Jacques Ferron

Ce projet constitue la seconde phase du projet "Jacques Ferron inédit. Enjeux et perspectives", subventionné par le CRSH de 1997 à 2000; il entend poursuivre la publication et la mise en valeur du Fonds Jacques-Ferron déposé à la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) en 1994. Notre groupe, qui a déjà plusieurs réalisations à son actif, veut faire connaître ces manuscrits — par le biais de publications annotées et commentées — et approfondir la connaissance du corpus ferronien par une série d‘études qui tiennent compte de ce nouvel apport. Ces ouvrages seront publiés dans une collection déjà existante, fondée dans ce but, il y a trois ans, par notre groupe de recherche. Sur le modèle des publications sériées européennes consacrées aux grands auteurs, les "Cahiers Jacques-Ferron" donnent à lire en effet, dans un apparat critique à la fois souple et rigoureux, les précieux inédits de l’écrivain tout en établissant clairement leur statut particulier par rapport aux œuvres publiées du vivant de l’auteur.

OBJECTIFS

Au cours des trois prochaines années, nous rendrons accessibles au lecteur huit textes de Jacques Ferron restés inconnus jusqu’à ce jour et qui constituent, à notre avis, le meilleur de ce que ses inédits peuvent offrir. L’ensemble de ces ouvrages sera parfaitement représentatif des genres littéraires de prédilection pratiqués par l’écrivain, et couvrira la totalité des périodes où il fut "littérairement" actif, soit de la fin des années 1940 au début de la décennie de 1980. De plus, comme nous nous intéressons principalement aux inédits, nous serons à même de poursuivre une réflexion déjà amorcée sur la pratique de la génétique textuelle au Canada français et les enjeux ainsi soulevés.

Parmi les nombreux manuscrits de l’auteur, nous avons donc choisi d’éditer deux romans, des chroniques littéraires, des "Historiettes", et une série de correspondances de Ferron avec certains de ses proches qui appartiennent à plusieurs réseaux de sociabilité différents : famille, amis, auteurs, traducteurs, lecteurs anglophones, etc. Nous verrons ainsi se déployer la pensée du grand écrivain dans plusieurs domaines.

Par ailleurs — ce qui n’est surtout pas à négliger — l’apport de ces documents à l’histoire du Québec (indépendamment de leurs indéniables qualités littéraires) est inestimable : le Dr Ferron s'est souvent retrouvé, par l’ampleur de son œuvre, par son érudition, par sa position centrale dans la vie intellectuelle, en des lieux stratégiques tout au long de son parcours. Ses correspondants étant tous aussi étroitement associés à l’action littéraire, sociale ou politique (surtout depuis les années 1960), nous pourrons procéder à la relecture de ce Québec moderne que nous verrons, ni plus ni moins, renaître sous nos yeux, à travers ces lettres. Sur les traces de cet auteur et de son oeuvre, nous parviendrons à créer une véritable "armature" éditoriale qui dessinera peu à peu — de pair avec les écrits publiés pendant la première phase du projet — les contours de la culture québécoise du dernier demi-siècle.

Au cours de la première phase du projet (1997-2000), les membres du projet ont eu l’occasion de développer une connaissance minutieuse et approfondie du corpus ferronien tout entier — inédits, textes publiés dans les périodiques, livres — ce qui rend maintenant possible la constitution d’une série d’instruments de référence sûrs, précis et exhaustifs qui seront utiles à l’ensemble des chercheurs. Pour profiter de ce riche matériau accumulé et le mettre à la disposition de la collectivité, nous préparerons deux ouvrages bibliographiques portant sur le Fonds Jacques-Ferron et sur l’ensemble de la critique ferronienne. D’une certaine manière, il s’agit, à la fin de notre entreprise, de faire pénétrer les lecteur dans notre atelier et de mettre nos outils de travail à leur disposition.

CONTEXTE

Ce projet, dont la première phase (1997-2000) fut coordonnée par Ginette Michaud (Université de Montréal), sera dirigé, pour sa seconde partie — qui fait l’objet de la présente demande de subvention — par Marcel Olscamp (Université McGill). Mme Michaud reste toutefois rattachée au groupe de recherche à titre de co-chercheur et comme directrice littéraire des "Cahiers Jacques-Ferron". La deuxième partie du projet s’inscrit donc dans un contexte où l’œuvre de Jacques Ferron connaît une diffusion et un regain d’intérêt sans précédents, dûs en grande partie aux efforts de notre équipe. Qu’on en juge :

— Trois volumes des "Cahiers Jacques-Ferron" sont parus jusqu’à maintenant chez Lanctôt éditeur : les imposants Papiers inArial (vol. 1 et 2), établis par Ginette Michaud et Patrick Poirier; Laisse courir ta plume (vol. 3, édité par Marcel Olscamp et Lucie Joubert), recueil de lettres du jeune Ferron à ses sœurs (1933-1945).

— Deux autres "Cahiers Jacques Ferron" (vol. 4 et 5) sont présentement sous presse et paraîtront dans la même collection en novembre 1999 : les Rats, pièce inédite, suivie d’un recueil d’études intitulé Autour des commencements (sous la direction de Patrick Poirier et de Brigitte Faivre-Duboz); Textes épars I (1935-1959) — édité par Pierre Cantin, Luc Gauvreau et Marcel Olscamp) —, premier de deux tomes qui réunissent les écrits ferroniens déjà publiés en revue.

— À ces deux "Cahiers Jacques Ferron", dont la publication est imminente, il faut ajouter la Correspondance Jacques Ferron/François Hébert (vol. 6) — dont le manuscrit, préparé par François-Simon Labelle, est en révision et paraîtra en avril 2000.

Dans la foulée de ces travaux, certains membres du groupe de recherche ont aussi publié d’autres ouvrages. Pierre L’Hérault, assisté de Patrick Poirier, a édité un recueil d’entretiens intitulé Par la porte d’en arrière (Lanctôt éditeur). Marcel Olscamp est l’auteur d’un essai à caractère biographique intitulé Le fils du notaire. Jacques Ferron 1921-1949 (Fides). Quelques œuvres importantes de Ferron, depuis longtemps épuisées, ont été récemment rééditées et annotées par les soins de notre équipe : il s’agit de Gaspé-Mattempa (Marcel Olscamp), du Ciel de Québec (Pierre Cantin et Luc Gauvreau) et de La conférence inachevée (Pierre Cantin et Marcel Olscamp). Signalons enfin que Pierre L’Hérault, pour sa part, prépare l’édition critique des Grands soleils, qui sera publiée aux Presses de l’Université de Montréal dans la collection "Bibliothèque du Nouveau-Monde".

Au cours de la première phase du projet "Jacques Ferron", deux colloques ont été organisés. Le premier, qui avait pour thème "Éditer Jacques Ferron" (Acfas, Université d’Ottawa, 14 mai 1999) rendait compte de l’état d’avancement des travaux de notre groupe de recherche. Quant au second, il s’agit d’un colloque international ayant pour thème "Jacques Ferron : le palimpseste infini"; il aura lieu en septembre 2000 et clôturera la première phase de notre projet de recherche.

Signalons enfin que Luc Gauvreau, qui se joint à notre équipe, fera paraître, en novembre 1999, un très utile Index onomastique de Jacques Ferron (Université de Montréal, Cahiers du Cétuq). M. Gauvreau est aussi le maître d’œuvre d’un site Internet entièrement consacré à l’œuvre de Jacques Ferron . Les membres du projet, comme on le verra, entendent bien mettre à profit, de plusieurs manières, cet important outil de travail "virtuel".

MÉTHODOLOGIE

Nous répartirons ainsi la publication des onze ouvrages anticipés:

A) Correspondances

Correspondance Jacques Ferron / Madeleine Ferron / Robert Cliche (1946-1984). Durant plus de trente ans (1946-1982), Jacques Ferron a correspondu simultanément avec sa sœur, Madeleine, et le mari de cette dernière, Robert Cliche. Cette correspondance "à trois mains" entre trois fortes personnalités — qui furent aussi des acteurs importants de la vie intellectuelle québécoise — représente, à notre connaissance, un phénomène unique dans la littérature francophone du XXe siècle, et propose un défi éditorial intéressant. À travers ces lettres, c’est toute l’histoire sociale du Québec d’après-guerre qui se donne à lire. L’ouvrage comprendra deux volumes. Éditeurs : Marcel Olscamp et Lucie Joubert.

Correspondance Jacques Ferron / Pierre Baillargeon (1941-1964). L’écrivain Pierre Baillargeon fut à la fois l’ami et le mentor littéraire de Jacques Ferron. Cette étonnante correspondance nous montre un jeune auteur admiratif qui s’entretient de littérature avec son aîné, tout en s’affranchissant progressivement de son influence. À travers ces lettres se dessine aussi, en filigrane, le parcours d’une génération d’écrivains plutôt mal connue, celle qui succéda à la Relève et gravita autour de la revue Amérique française. Éditeur : Jean-Pierre Boucher.

Correspondance Jacques Ferron / André Major. Au cours des années 1960 et 1970, Jacques Ferron a longuement correspondu avec le romancier André Major, qui collaborait alors à la revue Parti pris et qui, à ce titre, devint le tout premier éditeur "officiel" de l’auteur de La tête du roi (de 1949 à 1962, en effet, Ferron avait dû éditer toutes ses œuvres à compte d’auteur). Ces lettres sont très importantes, puisqu’elles montrent comment Ferron put franchir "le pas des générations" et devenir à son tour le maître à penser d’une nouvelle génération d’intellectuels. Éditeur : Pierre L’Hérault.

Correspondance Jacques Ferron / Ray Ellenwood. Ces lettres des années 1970 et 1980, échangées entre l’écrivain et son traducteur et ami torontois Ray Ellenwood, sont capitales pour comprendre la nature des rapports ambigus entre Ferron, le mouvement indépendantiste et le Canada anglais. Elles présentent aussi de passionnantes réflexions sur le processus de la traduction littéraire en général, et celle de l’œuvre ferronienne en particulier. Éditeur : Brigitte Faivre-Duboz.

B) Manuscrits

Chroniques littéraires. Durant toute son existence, Jacques Ferron fut un témoin actif de l’actualité littéraire québécoise et internationale. Il tint pendant de longues années des chroniques dans plusieurs revues québécoises (parmi lesquelles Le Maclean et Livre d’ici). Nous rendrons disponible, en un seul volume, cette partie fondamentale de la production ferronienne, où l’auteur des "Escarmouches" fait montre de sa vaste érudition et de sa connaissance encyclopédique de la littérature mondiale. Éditeur : Ginette Michaud.

Historiettes (1960-1983) et autres textes. Jacques Ferron a publié, à partir de 1955, une chronique régulière intitulée "Historiettes" dans L’information médicale et paramédicale. Certains de ces écrits ont été réunis par l’écrivain dans quatre ouvrages — Historiettes, Escarmouches 1 et 2, Du fond de mon arrière-cuisine — mais la plus grande partie n’a jamais été reprise en volume. Notre recueil d’Historiettes (1960-1983) fera suite à un premier ensemble intitulé Textes épars (1935-1959), actuellement sous presse, qui comporte, en plus d’une première série d’historiettes (1955-1959), les écrits estudiantins du jeune Ferron, la chronique dramatique qu’il tint dans les années 1950 et divers autres écrits sur la médecine ou la politique. Éditeur : Pierre Cantin.

La gorge de Minerve. Ce premier roman, rédigé de 1945 à 1948, est resté inédit jusqu’à maintenant — bien que Ferron ait tenté, à plusieurs reprises, de le faire paraître. La documentation rendue accessible par le Fonds Jacques-Ferron de la BNQ permet de reconstituer un état possible de cet étrange premier récit encore tout pétri d’influences gidiennes. Éditeur : Marcel Olscamp.

Le pas de Gamelin. Il s’agit ici du volumineux manuscrit rédigé par Ferron vers la fin de sa vie, et non de la série d’articles portant le même titre publié chez VLB éditeur en 1987. Patrick Poirier, qui a longuement étudié et commenté cet immense récit labyrinthique (voir L’autre Ferron), se propose maintenant de l’éditer dans sa totalité, avec l’accord de la famille de l’écrivain. Éditeur : Patrick Poirier.

C) Études et instruments de recherche

Inventaire descriptif du fonds Jacques-Ferron. Les documents contenus dans le Fonds Jacques-Ferron de la BNQ (4,69 mètres linéaires) représentent l’un des ensembles documentaires les plus riches et précieux de la littérature québécoise. Il comporte de nombreux manuscrits, des documents relatifs à l’œuvre et à la vie de l’écrivain, de même qu’une imposante correspondance avec des dizaines d’interlocuteurs. Étant donné la position centrale qu’occupait Ferron dans l’institution littéraire et dans les milieux intellectuel et politique québécois, il nous apparaît essentiel de diffuser, le plus largement possible, un répertoire descriptif de ce fonds, qui sera utile à l’ensemble de la communauté universitaire canadienne. D’autres fonds d’archives (Gérard Bessette, Madeleine Ferron, Marcelle Ferron, Éditions du Jour et Parti pris), qui sont aussi conservés à la BNQ, pourront aussi être répertoriés, dans la mesure où leur contenu est complémentaire ou étroitement relié à celui du Fonds Jacques-Ferron. Auteur : Luc Gauvreau.

Jacques Ferron, polygraphe. Sous ce titre, Pierre Cantin avait publié, en 1984, une bibliographie exhaustive de l’œuvre ferronienne et des études qu’on lui a consacré depuis le début de sa carrière jusqu’à 1982. Nous nous proposons de poursuivre ce travail et de réaliser un Jacques Ferron, polygraphe tome 2 (1983-2000). Étant donné la multiplication des articles, études, thèses et analyses publiés au cours des quinze dernières années, il nous apparaît essentiel de fournir aux lecteurs et aux chercheurs un tel instrument de référence. Auteur : Pierre Cantin.

Le palimpseste infini. Cet ouvrage réunira les textes des conférences présentées lors du Colloque international sur Jacques Ferron qui aura lieu à la Bibliothèque nationale du Québec du 27 au 30 septembre 2000. Éditeur : Patrick Poirier.

Calendrier

La seconde phase de notre projet s’échelonne, comme celle qui s’achève, sur trois ans. Le programme de publication tient compte de plusieurs critères : pertinence des textes choisis, représentativité des genres, complémentarité des manuscrits choisis par rapport à l’ensemble du corpus ferronien. Nous entendons respecter, au cours des prochaines années, le programme d’édition suivant :

Première année (2000-2001)

Deuxième année (2001-2002)

Troisième année (2002-2003)

DIFFUSION DES RÉSULTATS

En premier lieu, la publication en elle-même des "Cahiers Jacques-Ferron" constitue un apport important pour la diffusion des résultats de nos recherches, comme en fait foi, entre autres, l’importante couverture médiatique qui a salué la parution des premiers volumes de la collection.

Notre projet est d’ores et déjà assuré de générer d’importantes retombées académiques dans au moins trois universités canadiennes. Ginette Michaud, à l’Université de Montréal, assure depuis plusieurs années un cours de doctorat sur l’œuvre de Jacques Ferron; elle y expose régulièrement les résultats de nos recherches, et y supervise plusieurs étudiants qui rédigent des thèses sur l’œuvre du romancier. Lucie Joubert donnera l’an prochain, à l’Université Queen’s (Kingston), un séminaire 2e et 3e cycles intitulé "Discours épistolaire, discours social, discours générique : la correspondance ferronienne"; ce cours sera directement inspiré des travaux de Mme Joubert et de son édition de la correpondance entre Robert Cliche, Jacques et Madeleine dont il a été fait état plus haut. Enfin, à l’Université McGill, Marcel Olscamp animera, en janvier 2001, un séminaire de 2e et 3e cycles qui portera sur les "Problèmes et enjeux de la textologie". À partir de ses expériences d’édition et de réédition du corpus ferronien, il abordera avec les étudiants les questions techniques et éthiques soulevées par la textologie et la génétique telle qu’elles se pratiquent dans le contexte nord-américain.

Deux colloques ont jusqu’à maintenant été organisés par le groupe "Jacques Ferron inédit" (1999 et 2001). Nous désirons conclure nos travaux, en 2003, par l’organisation d’une autre rencontre de ce genre, à l’Université Queen’s (Kingston) sous le thème général de "La constellation Ferron". Il s’agira alors d’étudier l’œuvre du romancier dans ses rapports avec le milieu social et culturel où il a vécu.

Ensuite, le site Internet "Jacques Ferron, écrivain", mis sur pied par Luc Gauvreau, rend déjà de grands services à la communauté universitaire canadienne par l’index onomastique ferronien "en ligne" qui s’y trouve (plus de 30 000 noms). Nous mettrons à profit ce véhicule de diffusion de deux manières. D’abord en créant un réseau de communication ("intranet") entre les membres du groupe de recherche; dans cet espace virtuel réservé et sécurisé, il sera possible d’échanger et de partager de l’information rapidement, de suivre les développements du travail de chacun, d’afficher les textes inédits en voie de publication, etc. Par la suite, Nous utiliserons les nombreux éléments déjà disponibles sur ce site (Société d’études ferroniennes, bulletins d’actualité, anthologies, groupe de discussion, forum, etc.) pour faire connaître aux utilisateurs du WEB les résultats de nos recherches.

Enfin, nous signalons une intéressante retombée de notre projet, d’un tout autre ordre cette fois : des pourparlers sont effectivement en cours avec Mme Anne-Marie Alonzo, organisatrice du "Festival de Trois" — événement littéraire annuel — pour la présentation d’une "mise en lecture" des lettres échangées au fil des ans entre Jacques et Madeleine Ferron. Cette correspondance entre deux écrivains constitue à n’en pas douter l’un des documents littéraires les plus émouvants des dernières années. Des comédiens professionnels liront des extraits significatifs de ces lettres, choisis par Lucie Joubert.

DESCRIPTION DE L’ÉQUIPE

L’envergure même du projet "Éditer Jacques Ferron" exige que le travail soit réparti entre plusieurs collaborateurs. Notre équipe interuniversaire est composée d’un chercheur principal, Marcel Olscamp (McGill), de 4 co-chercheurs reconnus depuis longtemps comme spécialistes de la littérature québécoise et de l’œuvre ferronienne, soit Jean-Pierre Boucher (McGill), Pierre Cantin (Collège de l’Outaouais), Pierre L’Hérault (Université Concordia) et Ginette Michaud (Université de Montréal) et d’une collaboratrice, Lucie Joubert (Queen’s University) : leurs tâches respectives ayant été spécifiées sous la rubrique "méthodologie", nous nous contenterons ici de donner un bref aperçu de leur parcours de recherche.

MARCEL OLSCAMP a publié, en 1997, un essai à caractère biographique sur Jacques Ferron (Le fils du notaire. Jacques Ferron 1921-1949. Genèse intellectuelle d’un écrivain, Fides, 1997) qui lui a valu plusieurs prix scientifiques et littéraires et dont il prépare actuellement la suite. Organisateur de deux colloques sur Jacques Ferron (McGill 1992 et Acfas 1996), il a aussi édité et annoté plusieurs textes de l’écrivain dont quelques-uns avant même la première phase du projet tels : Correspondance Jacques Ferron / Clément Marchand (Fides, 1995) et avec Pierre Cantin, les Pièces radiophoniques (Vent d’est, 1993).

JEAN-PIERRE BOUCHER est connu depuis longtemps comme l’un des tout premiers spécialistes de l’œuvre de Jacques Ferron. Depuis ses deux essais Jacques Ferron au pays des amélanchiers (PUM, 1973) et Les "Contes" de Jacques Ferron (L’Aurore, 1974), il a rédigé de très nombreux articles de fond sur les écrits du romancier; il a d’assumé, à maintes reprises, des cours de 2e et 3e cycles sur son œuvre à l’Université McGill.

PIERRE CANTIN est l’auteur d’une monumentale bibliographie exhaustive (Jacques Ferron polygraphe, Bellarmin, 1984) que tous les chercheurs ont saluée comme un ouvrage incontournable et dont il prépare le deuxième tome. Depuis 1985, il a en outre publié, annoté et commenté une dizaine de livres de Jacques Ferron, au point où il est pratiquement devenu l’éditeur attitré des œuvres du romancier. Sa précieuse connaissance du corpus ferronien constitue l’un des atouts majeurs du projet.

LUCIE JOUBERT est spécialiste de la littérature des femmes; elle a publié Le carquois de velours : l’ironie au féminin dans la littérature québécoise 1960-1980 (L’Hexagone, 1998) et s’intéresse tout particulièrement aux rapports entre Jacques Ferron et ses sœurs Marcelle et Madeleine. Elle a dirigé un mémoire de maîtrise sur l’œuvre de Madeleine Ferron et a signé la présentation de Laisse courir ta plume, 1933-1945 .

PIERRE L’HÉRAULT, critique réputé, a publié, plusieurs ouvrages et articles sur l’œuvre ferronienne, dont Jacques Ferron, cartographe de l’imaginaire (PUM, 1980) et Par la porte d’en arrière (Lanctôt éditeur, 1997), recueil d’entretiens que le Dr Ferron lui avait accordés en 1982. Il a édité et présenté Le Saint-Élias (BQ, 1993) et Le contentieux de l’Acadie (VLB éditeur, 1991). Il prépare, pour la Bibliothèque du Nouveau Monde, l’édition critique des Grands soleils. Sa profonde connaissance de l’œuvre ferronienne et des techniques de l’édition critique seront très essentielles aux membres du projet.

GINETTE MICHAUD s’intéresse à l’œuvre de Jacques Ferron depuis plus de vingt ans. Elle a dirigé deux projets de recherche consacrés à cet écrivain : "Famille, nation, folie : politique du sujet dans l’œuvre de Jacques Ferron" (CRSH 1992-1995) et "Jacques Ferron inédit : la succession de l’œuvre, enjeux et perspectives" (CRSH 1997-2000) dont le présent projet constitue la suite. Elle a publié de nombreux articles, édité (avec Patrick Poirier) plusieurs ouvrages de (et sur) l’auteur (en plus de ceux déjà mentionnés dans la description du projet) comme par exemple  La charrette (BQ, 1994),et L’Autre Ferron (Fides, 1995). De plus, elle a supervisé plusieurs mémoires de maîtrise sur l’œuvre ferronienne. Directrice des "Cahiers Jacques-Ferron", son expertise est plus qu’indispensable à la bonne marche du projet.

FORMATION (RÔLE DES ÉTUDIANTS)

PATRICK POIRIER a été impliqué de manière étroite dans plusieurs travaux ferroniens récents. Avec Ginette Michaud, il a collaboré à l’édition de La charrette, de L’Autre Ferron et des papiers intimes, premier ouvrage publié dans la collection "Cahiers Jacques-Ferron". Avec Pierre L’Hérault, il a réalisé la transcription et l’édition de Par la porte d’en arrière, recueil d’entretiens parus chez Lanctôt éditeur en 1998, et assure l’édition d’un recueil d’essais intitulé Autour des commencements ("Cahiers Jacques-Ferron", 1999). On lui doit aussi l’organisation entière de deux colloques consacrés à l’écrivain (Acfas 1999 et Bibliothèque nationale du Québec, septembre 2000). C’est donc dire l’importance du projet de recherche dans la formation de ce chercheur. Il complétera, au cours des prochaines années, l’édition commentée du volumineux roman inédit de Jacques Ferron intitulé Le Pas de Gamelin.

LUC GAUVREAU entreprend un doctorat à l’Université McGill avec une thèse qui aura pour titre : "Langage, symbolisme et imaginaire religieux dans l’œuvre de Jacques Ferron". Il est le concepteur d’un site Internet sur Jacques Ferron et a déjà collaboré à plusieurs reprises à la réédition de certains ouvrages du romancier (Le ciel de Québec, Les pièces radiophoniques et les Textes épars I qui paraîtront sous peu dans les "Cahiers Jacques-Ferron"). Il publiera cet automne, dans les "Cahiers du Cétuq" de l’Université de Montréal, un important Index onomastique de l’œuvre de Jacques Ferron. Nous mettrons à profit ses talents de compilateur et sa connaissance du corpus ferronien en lui confiant la préparation d’un Inventaire descriptif du fonds Ferron. Il réalisera aussi un "intranet" — réseau de communication destiné à favoriser le partage des informations entre les membres du projet et à faire connaître rapidement les résultats de nos recherches par le biais du site Internet "Jacques Ferron, écrivain".

BRIGITTE FAIVRE-DUBOZ rédige, à l’Université de Montréal, une thèse de doctorat ayant pour titre "L'écriture comme travail du deuil de l'Origine: une étude comparative des oeuvres de Jacques Ferron et James Joyce". Elle a déjà réalisé une édition de la pièce Les rats, qui paraîtra sous peu dans les "Cahiers Jacques-Ferron". Elle aura à préparer, dans le cadre de ce projet, l’édition de la correspondance entre Jacques Ferron et l’écrivain torontois Ray Ellenwood, ce qui correspond tout à fait à ses recherches sur "l’anglicité" ferronienne.

JEAN-SÉBASTIEN DAUNAIS, étudiant à la maîtrise, rédige, sous la direction de Ginette Michaud, un mémoire intitulé "Réécriture du discours religieux dans l’œuvre de Jacques Ferron". Ses services seront requis pendant deux années pour effectuer diverses tâches de recherche dans des fonds d’archives, ainsi que des travaux de saisie de textes.Son engagement ne pourra que l’aider à mieux connaître en profondeur le corpus ferronien.

CAROLINE CHARTIER rédige aussi un mémoire à l’Université de Montréal; le titre en est "L’épreuve de l’étranger dans quatre fictions ferroniennes : enjeux identitaires et esthétiques". Elle collaborera au projet, pendant la première année (2000-2001), à titre d’assistante de recherche (transcription de documents, recherche en bibliothèque).

Signalons enfin qu’un poste d’assistant de recherche a été prévu pour un étudiant à la maîtrise de l’Université McGill, au cours des deuxième et troisième années du projet.

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