27 mai 2008

Prix-Aménagement de Les Arts et la Ville pour le Jardin de l'Amélanchier

À l'occasion du 21e colloque annuel de Les Arts et la Ville, la ville de
Longueuil a reçu le Prix aménagement pour la réalisation du projet Le Jardin
de l'Amélanchier, inspiré par le récit de Jacques Ferron L'Amélanchier.
Ce projet de jardin contemporain et d'activités multidisciplinaires, conçu
et réalisé par la Société des amis de Jacques Ferron
(http://www.ecrivain.net/ferron) et le collectif EKIP (http://www.ekip.ca/),
a conquis les membres du jury par "l'originalité et le sens de l'identité
locale dont a fait preuve la Ville de Longueuil en aménageant le Jardin de
l'Amélanchier devant le Centre culturel Jacques-Ferron à l'occasion du 350e
anniversaire de la ville".

Longueuil partage ce prix avec la ville de Trois-Pistoles pour une autre
réalisation.

Pour avoir un présentation complète de ce projet, consultez le site officiel
du Jardin de l'Amélanchier:
http://www.ecrivain.net/ferron/Jardin/presentation.htm.

Ci-joint, le communiqué officiel de Les Arts et la Ville:

Arts_et_ville_Prix_2008.pdf

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08 mai 2008

John Grube (1930-2008)

John Grube (1930-2008)« J’aimerais bien, vous savez, qu’un jour en Ontario on apprenne que vous avez été au Québec un homme aimé… » (Jacques Ferron à John Grube)

L'intellectuel, professeur et poète torontois John Grube est décédé le 21 avril dernier, à Toronto. Il était âgé de 78 ans. Il laisse dans le deuil ses soeurs, Antonia Swalgen de New York, et Jennifer Podlecki de Vancouver, ainsi que ses bons amis, Mark Hart et James Dubro.

Fils d'un membre fondateur de la Co-operative Commonwealth Federation (ancêtre du Nouveau Parti démocratique), John Grube a enseigné pendant plusieurs années la littérature anglaise et les arts au Ontario College of Art, à Toronto. Il a aussi milité activement pour la reconnaissance des droits de la communauté gaie.

Homme cultivé, héritier des humanities anglo-saxonnes, spécialiste du poète anglais Robert Browning, essayiste et poète, John Grube était passionné par la vie politique canadienne et québécoise. Fier de posséder la collection complète de la revue L'Action nationale, il a écrit un essai sur un de ses plus célèbres directeurs: Bâtisseur de pays : la pensée de François-Albert Angers (Éditions de l'Action nationale, 1981).

"Éclaboussé par l’énormité baveuse" de la crise d'Octobre, comme la décrira Jacques Ferron, Grube lui envoie une première lettre à la fin du mois de janvier 1971. C'est le début d'une longue correspondance amicale entre l'écrivain québécois, francophone et catholique et cet intellectuel torontois, anglophone, protestant et homosexuel.

À l'exception de quelques amis communs, les lecteurs de Ferron découvriront avec surprise cette amitié quand Grube publie Une amitié bien particulière, un choix de lettres que lui a envoyées l'écrivain (Boréal, 1990). Peu après, au colloque "Présences de Jacques Ferron", organisé par Marcel Olscamp à l'Université McGill en 1992, il présentera une communication sur leur correspondance: "Jacques Ferron, épistolier".

"En hommage à la ferronerie", John Grube a aussi écrit une interprétation provocatrice de la crise d'Octobre, encore inédite, "A shandean hypothesis". Dans le film de Jean-Daniel Lafond, Le cabinet du docteur Ferron, il se remémore avec émotion son ami québécois avec qui il pouvait parler aussi bien de Dickens que de Pierre Vallières.

Ray Ellenwood et Betty Bednarski dédieront à la mémoire de John Grube un recueil d'études sur le "Ferron, hors-Québec", en préparation aux Éditions du GREF. Luc Gauvreau y présentera quelques lettres inédites de Grube à Ferron.

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06 mai 2008

Exposition "Les Paysagistes" à Longueuil (du 12 mai au 21 juin)


La Société de développement des arts et de la culture de Longueuil vous invite au vernissage de l'exposition Les Paysagistes.

Sculptures de Daniel Corbeil, Marie-Chrystine Landry, Guy Laramée, Francine Larivée, Réal Lauzon, Nicholas Reeves et Guillaume Crédoz, Sarla Voyer; commissaires Monic Brassard et Yvon Cozic

D'après un conte de Jacques Ferron, mis en espace par Irène Ellenberger

Le mercredi 14 mai de 17 h à 20 h

au Vieux-presbytère St. Mark, 340, rue St-Charles Ouest, Longueuil

(L'exposition est présentée du 12 mai au 21 juin)

Une exposition conçue et réalisée par le Centre d'exposition Circa, dans le cadre du programme Conseil des arts de Montréal en tournée en collaboration avec la Société des amis de Jacques Ferron, la Société de développement des arts et de la culture de Longueuil, la librairie Alire et le Service du loisir, de la culture et du développement social, division des arts et de la culture, Arrondissement du Vieux-Longueuil.

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14 novembre 2007

Pierre L'Hérault (1937-2007)

« Le Saint-Élias est le livre de l'extrême détresse devant la vie menacée, humiliée, sacrifiée, celui de l'extrême tendresse aussi qui, pour tenir en respect le cynisme et le désespoir, s'obstine, malgré l'intolérable, à laisser à "ce pauvre petit homme", à "la fille de tous les hommes", pour la continuité, quelques signes de beauté. » (Pierre L'Hérault, « Préface » au Saint-Élias, roman de Jacques Ferron)

Chères amies,
Chers amis,

C'est avec tristesse que je viens d'apprendre le décès de notre ami Pierre L'Hérault (1937-2007), le 8 novembre 2007, à l'hôpital Général Juif (Montréal), suite à un long et courageux combat contre le cancer. Professeur émérite à l'Université Concordia, lecteur, critique de lettres et de théâtre, fils de feu Marie-Claire Monfette et feu Edgar L'Hérault, Pierre L'Hérault laisse dans un immense chagrin son épouse, Juliette Laplante, ses filles Geneviève (Steve Savage) et Virginie (Karim Dounas), ses frères et sœurs, Jean, Marie-Blanche, Cécile, Paul, Antoine, Charles, Jacqueline, Monique, Louise, Marie, Mariette, Yves, Bruno, Lise, Gisèle, Michèle, ainsi que son beau-père Henri Laplante. Il laisse également dans le deuil ses belles-sœurs et beaux-frères, ses neveux et nièces et ses nombreux amis et collègues.

Pierre L'Hérault était un ami et un collègue que l'on aimait rencontrer et lire. Il y avait chez lui, dans son regard, sa voix, sa poignée de main, dans la prose de ses essais, une invitation au dialogue pour mieux nous
connaître, pour que nous le connaissions mieux, et connaissions mieux avec lui. Dans tout son travail de professeur et de critique, c'est à travers ce qu'il a écrit et dit de l'œuvre ferronienne que j'avais appris à répondre à ses invitations... Compagnon des écrivains et de leurs œuvres, Pierre L'Hérault a eu une longue et généreuse relation avec l'œuvre de Jacques Ferron et l'écrivain lui-même, complice de leurs riches entretiens publiés dans Par la porte d'en arrière. Pendant près de 35 ans, il a parcouru tous les territoires mis en mots par celui qu'il avait nommé le « cartographe de l'imaginaire ».

Au moment d'entreprendre mon mémoire de maîtrise avec Laurent Mailhot, qui avait été aussi son directeur de thèse, je me souviens très bien de ma lecture, vivifiante et passionnée, de son doctorat devenu essai: Jacques Ferron, cartographe de l'imaginaire. Familier des discours savants, Pierre L'Hérault avait su y faire entendre une voix personnelle à travers les « grilles d'analyse » qui sévissaient alors en littérature. Son admiration pour Ferron s'y exprimait à chaque page. Grâce à une connaissance encyclopédique des textes, cet enthousiasme évitait de verser dans l'apologie pour devenir une traversée jouissive, mais inquiète, de la totalité du territoire imaginaire inventé par Ferron.
De plus, alors que le modèle universitaire aurait dû le contraindre à se spécialiser et à limiter son corpus, Pierre avait tout pris chez Ferron, les grands textes comme les petits; les mineurs comme les majeurs. Le Cartographe aurait pu être le terminus du lecteur Pierre L'Hérault dans les pays de Ferron... Il allait plutôt devenir pour son auteur un carrefour pour y retourner, fréquemment, et prendre d'autres directions. Parti du « pays imaginaire », Pierre L'Hérault s'est tourné par la suite vers le personnage de l'étranger, les formes du métissage, de la ville, de l'Amérique, vers tout ce qui compose le « jeu du familier et de l'étranger » chez Ferron.
Quand il identifie cette « caractéristique fondamentale de l'espace ferronien » dans Le Saint-Élias, il conçoit ce « jeu » comme le « lieu de croisement du quotidien et du fantastique ». Dans une œuvre qu'il savait tendue entre des pôles antinomiques, Pierre L'Hérault a découvert l' « obstination » de Ferron à proposer des « lieux de croisement » que rend possibles une « écriture [qui], prenant sur elle le tragique, garde ouvert un espace de liberté ». Près de quinze ans plus tard, dans sa préface à la réédition du Saint-Élias, il demeurait dans la perspective de son Cartographe, dont le dernier chapitre, en guise de conclusion, s'intitulait « Le salut par l'écriture ». C'est l'émouvante familiarité de Pierre L'Hérault avec l'œuvre de Ferron qui lui aura permis de percevoir, sous les nombreux masques, les tours et détours du Cartographe, la voix d'une écriture tendue «vers les pays de l'intolérable sous toutes ses formes, en particulier celle du sacrifice de l'enfant, de l'avenir ». C'est la même fidélité qui lui aura permis de suggérer l'une des plus puissantes illuminations pour rendre compte d'une oeuvre aussi complexe. « Le pas des générations » que l'œuvre de Ferron nous permettrait de franchir, selon lui, est une expression-phare. Pierre y dissimule la conscience de la rupture pour mieux dire la nécessaire continuité de l'humanité et laisser, comme son maître Jacques, « quelques signes de beauté », et d'intelligence.

D'un essai à l'autre, Pierre aura ouvert et franchi ce « pas des générations », avec tendresse et esprit. Je l'en remercie de m'avoir invité à le suivre.

Amicalement,
Luc Gauvreau, secrétaire
Société des amis de Jacques Ferron

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