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Présentation
Jacques Ferron

Les 7 vitrines

I. Visages de l'écriture
II. Jérôme Salvarsan
III. Aux sources de
L'amélanchier

IV. L'atelier du
Salut de l'Irlande

V. Le canon français
VI. Lecteur et
critique littéraire

VII. La vie des lettres

Liste des documents
Liens | Crédits

Site Jacques Ferron

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Bibliothèque nationale du Québec

II. Jérôme Salvarsan

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gif_40.gif (43 octets)Parmi les centaines de personnages créés par Ferron, Jérôme Salvarsan — pourtant peu connu — occupe une place privilégiée, unique. Présent dans un grand nombre de textes, il apparaît sous des identités et des rôles multiples. Protéiforme, il traverse aussi toute la production de son créateur. Héros du premier roman de Ferron, La gorge de Minerve (encore inédit), Jérôme Salvarsan, sous les traits cette fois de Maski, devait aussi être un des protagonistes du dernier grand projet littéraire de Ferron, Le pas de Gamelin, lui aussi demeuré inachevé. Entre ces deux œuvres, Salvarsan aura été médecin-philosophe dans le conte “ Suite à Martine ”, fils du Commandeur du Saint-Sépulcre dans Le cheval de Don Juan, et à nouveau médecin dans la pièce radiophonique Les cartes de crédit.
gif_40.gif (43 octets)Nom curieux qui semble le fruit de l’imagination de l’écrivain, “ Salvarsan ” est pourtant d’abord le nom d’un médicament moderne, inventé durant la Première Guerre mondiale par le médecin allemand Paul Ehrlich (1854-1915), qui révolutionnera le traitement de la syphilis! Nom ironique s’il en est puisque Jérôme Salvarsan, dans La gorge de Minerve, est un enfant naturel, fils de l’épouse d’Hector Salvarsan.
gif_40.gif (43 octets)L’attachement de Ferron pour ce personnage s’explique sans doute à la lumière des nombreux parallèles et croisements entre sa vie et celle de son auteur. Car Salvarsan aura en somme été un masque, une ruse que Ferron aura déployée, dès les premières œuvres, pour cacher la trame sans doute trop autobiographique de certains textes. Lieutenant de l’armée canadienne dans La gorge de Minerve, jeune étudiant en médecine à l’Université Laval dans “ L’appariteur ” (inédit), médecin à Rivière-Madeleine dans plusieurs autres textes inédits, Jérôme Salvarsan aura donc été un des avatars privilégiés de Ferron, au même titre que François Ménard dans La nuit (1965), Léon de Portanqueu dans L’Amélanchier (1970) ou l’inquiétant Maski de Gaspé-Mattempa (1980). C’est d’ailleurs sous le surnom de Maski que cet attachement pour Salvarsan deviendra problématique pour Ferron, l’écrivain étant incapable de se défaire de ce double devenu “ trop encombrant ”. “ L’Exécution de Maski, écrira-t-il à John Grube, est la vaine tentative (irréalisable d’une façon ou d’une autre, qu’elle réussisse ou qu’elle échoue) de me débarrasser de ce personnage si encombrant qui me réduisait à la plus complète solitude ”.

 

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