 Présentation
Jacques Ferron
Les 7 vitrines
I. Visages de l'écriture
II. Jérôme Salvarsan
III. Aux sources de
L'amélanchier
IV. L'atelier du
Salut de l'Irlande
V. Le canon français
VI. Lecteur et
critique littéraire
VII. La vie des lettres
Liste des documents
Liens | Crédits
Site Jacques Ferron

Bibliothèque nationale du Québec
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V. Le canon français
Je ne
découvre la France quavec la découverte du Canada, quand elle se met à parler
français : cest bien la première chose quon pouvait lui demander ,
écrivait Ferron en 1968 dans un texte intitulé Céline et
Rabelais . Ce détournement dorigine
montre bien la complexité des rapports que Ferron a entretenus avec la
mère-patrie , rapports qui lont amené à
élaborer des stratégies dans le but daffranchir sa propre écriture et la
littérature québécoise dune position de subordination.
Fort
contradictoires, ces stratégies sont faites dadmiration et de rejet,
dappropriation et de mise à distance et révèlent une émancipation toute
relative.
Si Ferron
sest déjà vanté de navoir jamais posé le pied en sol français, de ne
lavoir quaperçu dun hublot davion à Orly lors dune escale
vers la Pologne, il a par contre visité la France des centaines de fois à travers sa
littérature. Formé dans les collèges classiques des années trente, il ne pouvait
échapper à linfluence et au prestige incontesté dont jouissait alors la culture
française, au Québec et dans le monde entier.
Dans sa
bibliothèque française , cest le rayon consacré à lAncien
régime qui semble avoir été le plus garni, même si Ferron était fier de posséder une
des premières éditions de LEncyclopédie de Diderot et de dAlembert.
Aux grands classiques du XVIIe siècle, il a préféré des auteurs moins
connus comme Rotrou.
En quelque
sorte, ce qui semble avoir intéressé Ferron dans le Grand Siècle était moins les
grandes tragédies de Racine ou de Corneille que leurs pièces moins connues, les
historiettes de Tallemant des Réaux, les nombreuses correspondances de cette époque,
remplies danecdotes où transparaissent les dessous de lhistoire officielle.
Quant au
rayon voué au XXe siècle, il forme un ensemble assez disparate de modèles
avoués, cachés ou rejetés tels Marcel Proust, les écrivains de la Nouvelle Revue
française (André Gide, Paul Valéry, Paul Claudel), Jean Giraudoux, Louis-Ferdinand
Céline et Raymond Queneau. Derrière des jugements à lemporte-pièce, des
commentaires, des citations voire des plagiats , se cache une connaissance
profonde des auteurs et des uvres françaises.
Cest
ce quillustrent, entre autres, des historiettes inédites sur des écrivains de
lAncien Régime ou encore ces longues notes sur le Narcisse
de Valéry, poète qui na cessé de hanter Ferron.
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s'afficher... Patientez!


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