Tableau comparatif des textes et des variations
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génétique)
| Métamorphose | Marine | Marine | La Mouette Tournoie | |
| Je n'ai pas de trouble mental Mais du côté sentimental J'ai sûrement quelques atteintes. Qu'elle soit blonde, brune ou blanche Ou qu'en vert elle se soit teinte, Qu'elle ait de petites hanches, De grands pieds, une grosse gorge, Dès qu'une femme me dit:"Georges!" Je roule dans un grand vertige, Je sens une fleur écarlate Pousser en moi sa longue tige Et sur ma face qui éclate De confusion, entre'ouvrir Les pétales de sa corolle. Ainsi donc je me vois fleurir, Je ne peux dire une parole. Un mot, le plus simple soit-il. Je suis une fleur sans pistil Et mon parfum délicat dont Je voudrais bien lui faire don S'évapore sans que ma belle Sente la douceur de son aile. |
Lesprit
de Dieu tournait sur leau Amen répétait la mouette Jétais perdu dans le chaos Vous nétiez ce que vous êtes Derrière voiles
et vols blancs Mais lesprit saint
ferma son aile |
Un jour de mer un seul oiseau Toujours cette même mouette Qui plane et tourne sur les eaux Je ne sais pas ce que vous êtes Elle est pourtant un signe clair Ce tourbillon voile divin Vous naissez du trouble des eaux Que loiseau plane et tourne encor |
La mouette tournoie
au gré du jour Issue de la grande fleur quon effeuille Ses pétales tombent au carrefour Du ciel Si tu voulais que je les cueilles Si tu
voulais sur le sable brûlant Hésiterait près de la mer étale Juillet 1947 |
| La danse et la mer | Le paysagiste (extrait) | |||
| Lorsque goélands
et mouettes tournoient sur la plage au lendemain dune tempête, leurs cris discordants, lodeur de la mer, les eaux qui se
balancent sans rompre toutefois le vernis dun jour lumineux, la voile qui pend
lamentable au mât dune barque, tous ces signes dune grande présence et d'une aussi grande
absence, cette vie intense, ce calme plat sont la cause dune
émotion profonde, qui vous soulève tout entier sur une vague venue du fond de votre
cur. Le premier mouvement de la danseuse, après que les pas menus et hâtifs de sa curiosité lont abandonnée en face de la mer, est à la fois simple et extraordinaire; elle se hause, et, sans que son pied laisse terre, semble se dépasser; du moins va-t-elle plus loin que les limites assignées, en deça desquelles elle est en équilibre, sûre delle-même et de ses moyens. Aussi son second mouvement est-il dincertitude et de vertige : il accuse les cris discordants des oiseaux, la voracité de l'espace, le trouble profond et laltitude amère, que la beauté du jour, masque frivole, ne pénètre pas. Et puis, sans trop quelle sen rende compte, le tournoiement des goélands et des mouettes entraine la danseuse; elle tourne sur elle-même; ses voiles sont des ailes; son corps forme la tige de la fleur du jour, de la fleur quon effeuille et dont les pétales trombant deviennent au carrefour du ciel mouettes et goélands. Elle participe à léclat du soleil, aux miroitement des eaux, à la grande illusion qui recouvre la mer. Elle exprime lesprit de lhomme, le grand élan joyeux, les dents blanches du rire, le comble doré de la tragédie et de la mort La danse, qui sachève, redonne à la plage une femme meurtrie, en qui ne peut se reconnaître la fillette venue près de la mer sur les pas de sa curiosité, de son destin peut-être. La fleur est effeuillée, il ny a plus dailes dans le ciel. Avec lombre du soir, lamertume des eaux se répand sur la terre. Rivière-Madeleine, août 1947 |
Mais quand il bâillait ainsi, ouvrant les mâchoires au degré même de l'angle du ciel sur la mer, son ouverture restait plus petite et c'est l'espace qui le happait: il devenait la barque ancrée au large, la barque restée dans l'anse ou cette autre dans l'intervalle, qui va ou revient, avançant à coups de canon sur la tête de son unique piston; il devenait le soleil, source de toute énergie et pourtant moins vantard que le moteur Acadia ébranlant l'univers de son poussif exploit, le soleil dont l'hélice de cuivre tourne si vite qu'il dort sur la pointe, toupie dont l'axe giratoire est le cur de la trombe d'oiseaux ameutés par le retour des pêcheurs et l'éviscération du poisson; il devenait tout ce qu'il voyait au hasard des yeux avec la préférence que ceux-ci accordent au mouvement. La mêlée des oiseaux le fascinait. Avec quelle hâte apercevait-il au loin un goéland retardataire, le voyait-il approcher, avec quelle hâte de l'y plonger ! Ce goéland désormais était le sien, avec lui il se lançait à la curée, entrant, sortant du chaos, n'en ayant jamais assez, parfois bien étonné de s'être dégagé sous forme de mouette, repartant aussitôt à la recherche de son identité, et n'en finissait plus de se perdre puis de se retrouver, gobant au passage un bon morceau, se gavant, fientant, pris par le mouvement que l'hélice radieuse, la toupie sommeillant sur sa pointe, abaisse au ras de l'eau, faisant jaillir l'écume, trombe d'ailes folles, cyclone de cris rauques, rage de vie, tourbillon soulevant le cur de la mer et dressant toute crue une Aphrodite sauvage à odeur de morue. Jérémie se demandait alors de qui il était le jouet, de soi, du soleil ou de Dieu ? Sa question se perdait sous forme de goéland, le cou rentré, taciturne, qui s'éloignait d'une aile morne et lâchait une dernière fiente - c'était peut-être la réponse. |